Zen : qu’est-ce que cela signifie vraiment ?

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Depuis plusieurs années déjà, le mot Zen est sur toutes les lÚvres. Aurait-on trouvé le mot magique qui résoudra tous nos problÚmes ?

À en croire les publicitĂ©s et autres magazines Ă  la mode, le Zen est le remĂšde universel contre le stress.

ProblĂšmes d’argent ? Pas de problĂšme ! Prenez un crĂ©dit Zen. FatiguĂ©s ? Une petite rĂ©servation dans un Ă©tablissement Zen, et vous serez le client le plus Zen qui soit !

Eh oui, le Zen est devenu la grande vague sur laquelle les publicistes nous vendent à peu prùs tout et n’importe quoi.

La Zen attitude a envahi nos consciences. Mais qu’est-ce que Zen signifie vraiment ? Que dĂ©signe rĂ©ellement ce mot qui nous vient d’Asie, du Japon plus prĂ©cisĂ©ment ? Que dĂ©finit-il objectivement ?

Dans cet article, je vous propose de mieux comprendre ce qu’est le Zen, à travers les points suivants :

  • D’oĂč vient le bouddhisme Zen ? Quelle est son histoire ?
  • Que veut dire pratiquer le Zen ?
  • Qu’est-ce que Zazen ?
  • Qu’est-ce que l’éveil dans le bouddhisme Zen ?

Enfin, nous verrons Ă©galement les limites du bouddhisme Zen, pratique mĂ©ditative inspirĂ©e par le Bouddha des origines, mais Ă©galement influencĂ©e et transformĂ©e par les croyances rencontrĂ©es dans ses diffĂ©rents pays d’implantation.

1. L’histoire du Bouddhisme Zen : d’oĂč vient le Zen ?

Bouddha

Le Zen, c’est le nom que l’on donne Ă  un courant de mĂ©ditation japonais prenant sa source dans l’expĂ©rience du bouddha Sakyamuni qui rĂ©alisa l’éveil il y a plus de 2500 ans.

 

a. De l’Inde à la Chine

NĂ© en Inde, le Zen migra vers la Chine au VI siĂšcle aprĂšs J.-C. avec le voyage de Bodhidharma, un moine bouddhiste persan originaire d’Inde. En Chine, ce courant s’appelle le Ch’an.

 

b. De la Chine au Japon

Au 12Ăšme siĂšcle, le Ch’an gagna le Japon grĂące au voyage d’un moine japonais nommĂ© YĂŽsai. Revenu de Chine, il fonda la premiĂšre secte de Zen nommĂ©e l’école Rinzai et le premier temple Zen japonais : Shofuku-ji.

Quelques annĂ©es plus tard, une nouvelle branche du Zen fit son apparition : le Zen SĂŽtĂŽ. Ce courant du Zen nous est le plus familier car c’est celui qui est le plus pratiquĂ© en Occident. Son fondateur se nomme Dƍgen et est considĂ©rĂ© aujourd’hui comme l’un des plus grands philosophes du Zen.

Le Zen, avec ses diffĂ©rences de pratiques et de croyances, s’imposa sous forme de sectes dans le paysage japonais.

Je prĂ©cise, au passage, que le mot « secte » au Japon n’a pas le caractĂšre qu’on lui prĂȘte en Occident, et ne vĂ©hicule pas de notion de pratique prohibĂ©e.

Toutefois, le Zen SĂŽtĂŽ et le Zen Rinzai sont les deux grands courants de cette pratique bouddhiste.

En revanche, le shintoïsme resta majoritairement la religion la plus pratiquée au Japon.

 

c. Du Japon à l’Occident

Jusqu’en 1967, seuls quelques privilĂ©giĂ©s intellectuels avaient pu lire des Ă©crits sur le Zen, notamment les livres du professeur Suzuki.

Mais, sans la pratique, ces intellectuels de l’époque Ă©taient un peu comme un sommelier qui aurait fait une grande Ă©cole de vin et n’aurait jamais goĂ»tĂ© au nectar des dieux.

Pour le dire autrement, parler de quoi que ce soit sans l’avoir expĂ©rimentĂ© est du domaine « du grand n’importe quoi », et c’est vrai dans tous les domaines.

En 1967, le moine japonais Taisen Deshimaru arriva à Paris avec son bol et son bñton. C’est à ce moment-là que le Zen apparu dans le paysage français. 

2. Qu’est-ce que le Zen ? La pratique du Zen, voyage vers l’éveil

Zazen moines

a. Le Zen, une pratique posturale

Le zen, c’est Zazen, c’est-à-dire simplement s’asseoir en posture.

Zazen est la posture de mĂ©ditation assise pratiquĂ©e dans le bouddhisme Zen. Za signifie “assis” et Zen signifie “mĂ©ditation”. Pour pratiquer le Zen, il faut donc passer par la posture assise.

 

b. Comment se pratique le Zen ?

La pratique du Zen se fait généralement dans un dojo, qui est une salle de méditation bouddhiste.

Des moines bouddhistes rythment la séance de zazen.

Les méditants pratiquent généralement assis sur un zafu, qui est un coussin de méditation.

Habituellement, une session de zazen prend la forme suivante :

  • Une premiĂšre mĂ©ditation assise d’une durĂ©e variable (de plus ou moins 30 minutes),
  • Un kinhin, qui est une mĂ©ditation marchĂ©e, d’une dizaine de minutes,
  • Une seconde session de mĂ©ditation assise, Ă©galement d’une durĂ©e variable.
  • Une rĂ©citation de soutras et des saluts.

Tout cela se passe dans le respect d’un rituel extrĂȘmement calibrĂ© qui vient rythmer la pratique : le salut, le sens de circulation dans le dojo, la mise en place et la cĂ©rĂ©monie autour d’un autel de consĂ©cration, etc.

3. Le Bouddhisme Zen et la notion d’éveil

MĂ©ditation zen moine

La notion d’éveil dans le bouddhisme Zen est la promesse d’une dĂ©livrance. S’éveiller, c’est sortir de l’illusion et de la souffrance de nos vies terrestres. C’est couper les racines de notre Karma.

Le bouddhisme Zen se rĂ©clame du grand vĂ©hicule (bouddhisme Mahayana), qui est de fait une quĂȘte de l’éveil spirituel pour tous les ĂȘtres (et pas seulement une libĂ©ration pour soi-mĂȘme de son cycle des souffrances et des rĂ©incarnations).

Les pratiquants du Zen qui font leur vƓu s’engagent Ă  Ă©veiller tous les ĂȘtres sensibles par leur discipline et Ă  retarder leur propre libĂ©ration par compassion.  

« Bouddha nous a montrĂ© la voie vers l’éveil : c’est par la pratique de la posture assise, jour aprĂšs jour, le corps ancrĂ© dans la Terre et l’esprit ouvert et attentif, que l’on trace notre chemin vers “l’illumination”. »

 

4. Les limites du Zen ( je n’en dessinerai ici que quelques contours)

Citation quest ce que le zen

Le Zen repose sur le bouddhisme Mahayana et, par consĂ©quent, en imprĂšgne l’esprit de la pratique. La recherche spirituelle est imprĂ©gnĂ©e de ces croyances.

C’est d’ailleurs, entre autres, la raison pour laquelle certains grands maĂźtres ayant atteint l’éveil ont vĂ©cu le plus possible en dehors des dogmes vĂ©hiculĂ©s par la communautĂ© bouddhiste.

Ikkyu et Ryokan en sont, tous deux, une parfaite illustration.

La mĂ©ditation des origines, qui est celle de Bouddha, est du domaine de l’expĂ©rience personnelle. L’encadrer par des dogmes influence la pratique et finit par crĂ©er des confusions chez certains Ă©lĂšves.

La catĂ©gorisation sĂ©pare et Ă©loigne de la tolĂ©rance et de la compassion. Parfois, l’ego en est mĂȘme renforcĂ©, ce qui est l’inverse de ce Ă  quoi nous devons nous attendre dans la pratique.

Heureusement, de nombreux MaĂźtres du Zen mettent l’accent davantage sur la pratique plutĂŽt que sur les textes, dans leur enseignement, et permettent ainsi Ă  leurs Ă©lĂšves de sortir de la thĂ©orie et des dogmes.

« Autour de moi, ils ont médité longtemps sur des kÎans

et ils ont l’air de bien les comprendre

Mais en examinant plus profondément leur compréhension

je constate qu’ils sont d’obscures ignorants

Ils conservent ressentiment et haine

Ils ne les oublient pas jusqu’Ă  leur mort

Mes conseils, en tant que compagnon de la Voie

résonnent désagréablement à leurs oreilles. »

Ikkyu, La saveur du zen

La laĂŻcitĂ© me semble donc plus propice Ă  rĂ©vĂ©ler l’esprit d’éveil car elle laisse une entiĂšre libertĂ© Ă  la dĂ©construction des croyances et Ă  l’illusion du manifestĂ©.

S’élever Ă  la spiritualitĂ© est une affaire personnelle et la rencontre ne peut se faire que lorsqu’il n’y a plus la moindre attente de l’ego.

La croyance comme postulat de base est alors, selon mon expérience méditative, un obstacle à la réalisation de sa véritable nature.

L’expĂ©rience de la mĂ©ditation se suffit Ă  elle-mĂȘme ; c’est cette expĂ©rience qu’a faite le Bouddha Sakyamuni et c’est ainsi qu’il a atteint l’éveil.

C’est donc ce qu’il a transmis Ă  travers ses enseignements : pour atteindre l’éveil, il faut pratiquer la mĂ©ditation avec vigueur et rĂ©gularité  et c’est tout.

Les croyances qui en dĂ©coulent ne sont que des interprĂ©tations a posteriori de l’expĂ©rience de Bouddha.

Revenir Ă  l’origine de la mĂ©ditation, sans les croyances affĂ©rentes, est le plus court chemin pour rĂ©aliser que nous sommes des ĂȘtres Ă©veillĂ©s.

 

5. La méditation des origines, une alternative laïque à la méditation Zen

Tout le monde peut-il méditer

La mĂ©ditation laĂŻque que j’enseigne Ă  mes Ă©lĂšves (la MĂ©ditation Tangram) est cette mĂ©ditation des origines.

Mes Ă©lĂšves s’assoient, respirent et observent leurs Ă©motions et leurs idĂ©es. Ils apprennent la patience dans la posture et l’absence de but. Ils expĂ©rimentent la vacuitĂ©.

Ils dĂ©couvrent ainsi l’esprit de compassion, comme l’a fait un homme nommĂ© Bouddha Sakyamuni, il y a plus de 2500 ans.

Ils apportent ensuite leur expĂ©rience dans leur quotidien, tout naturellement et sans besoin d’avoir recours Ă  la volontĂ© ou Ă  l’effort conscient. Le travail s’effectue en amont dans la pratique mĂ©ditative et les fruits se rĂ©coltent Ă  chaque instant de leur vie.

C’est cette libertĂ© que j’enseigne et que nous partageons dans le respect et l’amour de l’autre lorsque nous nous rencontrons.

 

Conclusion

Si le bouddhisme Zen, par son aspect extĂ©rieur, (postural, respiratoire, etc.) peut avoir quelques similitudes avec la mĂ©ditation Tangram, l’esprit quant Ă  lui est dĂ©tachĂ© de tout dogme, de toute croyance et de tout but.

Il vous suffit de pratiquer la méditation Tangram, en suivant gratuitement mes conseils sur le blog. Vous pouvez aussi apprendre à méditer de façon plus approfondie en rejoignant ma Formation de méditation.

Ceci vous permettra de vous rendre compte que l’approche de la mĂ©ditation Tangram est bien diffĂ©rente de celle de la mĂ©ditation Zen.

Il s’agit davantage d’une psychanalyse du silence que d’un acte religieux. Et ce, mĂȘme si dans une pratique laĂŻque comme dans la mĂ©ditation Tangram, la rencontre avec le spirituel est tout Ă  fait possible.

Cependant, c’est l’expĂ©rience et l’habitude de la pratique qui mĂšnent sur le chemin spirituel, et non la croyance en prĂ©requis.

Cette version laĂŻque de la mĂ©ditation n’exclut personne et permet au contraire de rassembler le plus grand nombre, quelles que soient les croyances que chacun y apporte au dĂ©but de sa pratique.

J’espĂšre que cette lecture vous aura Ă©clairĂ©.e sur ce qu’est le Zen. Comme toujours, envoyez-moi vos questions et commentaires ci-dessous, je vous rĂ©pondrai avec joie.

Au plaisir de vous retrouver sur le blog et derriĂšre les portes de l’AcadĂ©mie Tangram, je vous dis Ă  trĂšs bientĂŽt !

 

Christophe

Découvrez le livre de la Méditation Tangram et partez à le rencontre de la véritable nature
2 Commentaires
  1. Espigue

    Bonjour pour dĂ©buter je m’accorde combien de temps.
    Merci

    RĂ©ponse
    • Christophe Lorreyte

      Bonjour Richard,
      Pour commencer, tu peux y aller tranquillement. Commence par 5 minutes puis au fur Ă  mesure des semaines, augmente cette durĂ©e. Le principal n’est pas la durĂ©e lorsque tu dĂ©butes mais la rĂ©gularitĂ©. MĂ©diter quotidiennement reste l’essentiel.
      A bientĂŽt

      RĂ©ponse
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